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Les livres d’art Taschen

l art tout en couleursBenedikt Taschen s’est intéressé à l’édition alors qu’il était jeune adulte. Il a commencé par la bande dessinée avant de s’intéresser à l’art et d’explorer également des niches de créations artistiques plus subversives, car en lien avec la pornographie, l’érotisme ou le fétichisme. Ce qui a contribué à sa popularité est le fait de s’être attaqué à l’univers de l’édition en voulant démocratiser l’accès à l’art.

Le coût de l’édition

L’édition est une industrie très coûteuse du fait du prix des matières premières mais aussi des stocks à gérer. Produire des livres entraine des coûts de maquette, d’impression, de distribution, d’immobilisation… Cela est encore plus onéreux lorsque le livre ne se contente pas d’un texte et qu’il est agrémenté de photos ou bien qu’il est édité dans des formats spéciaux. Or les livres de photographie, de reproductions de tableaux ou encore de bandes dessinées sont dans ces critères de surcoûts : papier glacé, impression couleur, intensité des pixels, travail de mise en forme….Le livre d’art est donc très onéreux à l’achat et ce alors que l’art n’est pas forcément à la portée de tous, l’accès à la culture étant souvent lié au niveau de vie. Les « beaux livres » représentent dès lors qu’une part infime du marché des livres et demeurent réservés à une certaine élite. Benedickt Taschen a favorisé le développement d’une édition plus populaire, parfois décriée comme une « production de grande surface » mais qui a contribué à faire connaître de nombreuses œuvres artistiques.

Techniques de démocratisation

Pour arriver à fabriquer des livres grand public sur un domaine en principe plus confidentiel, Taschen est parti d’une culture du résultat : proposer des livres à un prix ne pouvant pas dépasser un prix modique ou modéré. A partir de là il a bâti sa stratégie d’édition : production en de très nombreux exemplaires pour travailler sur les coûts de revient, qualité moyenne du papier et des reproductions, textes minimalistes en contenu et en qualité afin de ne pas avoir à rémunérer des intermédiaires du monde de l’écriture, technique du forcing aujourd’hui reprise par d’autres réseaux d’éditeurs qui consiste à obliger le libraire à recevoir un « package » de différents livres à vendre bien que la commande initiale ne souhaite faire rentrer que un ou deux ouvrages de la collection. Au départ décrié par les professionnels du livre d’art, Taschen a réussi à améliorer ses productions, offrant un rapport qualité-prix très intéressant dans lequel les libraires ont pu se reconnaître. En effet ces livres permettent un premier accès populaire à une frange de l’édition moins abordée, les clients sensibilisés allant par la suite vers d’autres ouvrages plus techniques et plus luxueux.

Image: vladgrin Fotolia.comSimilar Posts:

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